Des nouvelles de la grande Île

Photo : © RIJASOLO

 

MANENTENA FOUNDATION

Madagascar, une crise sanitaire exponentielle qui s’enlise

De nombreux pays continuent leur déconfinement et reprennent une vie normale, d’autres se reconfinent se préparant au pire. C’est le cas pour Madagascar qui, depuis le 20 mars 2020, est en État d’urgence. Plusieurs villes sont entrées en confinement pendant un mois afin de palier à l’évolution du nombre de cas. Les vols pour entrer ou sortir du territoire ont tous été suspendus.

Mi-juin, l’Île comptait officiellement 1 272 cas de contaminations et dix décès dus au Covid-19. En un mois à peine, ces chiffres ont quasiment été multipliés par cinq : dimanche 19 juillet, la Grande Ile a dépassé le cap symbolique des 7000 cas de contaminations et approche la soixantaine de morts.

Le Président annonçait le retour à un confinement total très strict, deux mois après le début du premier déconfinement, de la région d’Analamanga, là où la capitale Antananarivo se situe. Cela implique donc plusieurs décisions majeures pour cette dernière. Il est encore impossible de se déplacer vers ou depuis cette région. Un couvre-feu de 20h à 4h a été instauré dans la capitale, ainsi que l’interdiction de circuler après 14h. Les entreprises et commerces de premières nécessités ont l’autorisation d’ouvrir jusqu’à 12h. Pour faire respecter toutes ces mesures, des renforts militaires et policiers sont déployés.

Mais le pays, classé en 2019 au 5ème rang des pays les plus pauvres au monde*, doit également gérer sa population qui se retrouvent durement touchée par la crise. Avec plus de 80% des habitants qui doivent trouver au jour le jour de quoi se nourrir, ces décisions sont catastrophiques pour leur survie.

L’État a donc mis en place un programme d’urgence social, « Tosika Fameno », permettant de venir en aide aux ménages jugés vulnérables. 100 000 ariary (soit 25€ environ) ont d’abord été donnés. Mais à la suite de nombreuses plaintes, l’aide se fait dorénavant sous forme de nourriture et de produits de premières nécessités (riz, huile, savon, etc.). Pour l’instant, environ 150 000 foyers ont pu bénéficier de cette aide. Des « Tsena Mora » (« Marchés doux »), ont été mis en place pour que les familles puissent acquérir des produits à moindre coût. Comparé aux besoins réels du pays, cette aide reste minime.

Du côté des ONG, tous les budgets alloués aux projets d’éducation, de développement, … sur la Grande île ont tous été redirigés pour la lutte contre le Covid-19 dans les régions les plus touchées ; délaissant ainsi d’autres zones durement touchées par la sécheresse, la famine, les intempéries, etc. Un cercle vicieux donc qui risque de durer encore de nombreux mois.

Ces ONG sont également durement touchées, un médecin de l’OMS (Organisation Mondial de la Santé) est mort la semaine dernière des suites de la maladie.

L’aide internationale tente d’apporter le maximum d’aide en faisant venir du matériel médical sur le territoire afin de soutenir les hôpitaux surchargés et qui manque cruellement de moyens pour faire face à cette situation.

Une vraie course contre la montre est en cours, chacun espère que la pandémie sera vite maîtrisée afin de limiter les dégâts sur le long terme.

MANENTENA FOUNDATION
Actualités récentes